Petits éléments concrets de réflexion sur ce qu’est l’immigration choisie…avec en exclusivité une journée au consulat :
Le but étant d’obtenir des visa pour 6 femmes de la coopérative et 2 Eco-guides pour qu’elles viennent pour deux jours en séminaire
chez nous, en Grèce. Nous nous retrouvons tous les 9 a 8h00 devant le consulat Grec a Korça. Mon rôle ? Faciliter la situation, et traduire de Grec a Anglais et vice versa.
-
9h00 : déjà une heure d’attente, rien ne s’est passé. Les centaines de personnes qui attendent ne semblent pas bien stressées ou impatientes… question
d’habitude sûrement. On appelle les noms un par un du coté du consulat.
-
10h00 : Toujours rien, je commence (déjà) a m’impatienter un peu. Je me dirige a l’intérieur du consulat (car j’ai le droit, moi, avec mon passeport européèn)
pour prévenir de notre présence et voir ce qu’il se passe. Bonne nouvelle : la lettre de la SPP est sur le table, et ils vont nous appeler sous peu (pour un petit flash back, on leur a
envoyer un lettre de la SPP, c’est la procédure, eh puis étant Grec ca peut aider, et puis on est aller les voir trois jours avant pour être sûr que ca marche).
-
11h00 : c’est long. Ca se bouscule sur la file d’attente. Je préviens les femmes que ca va être leur tour. Elles jouent un peu des coudes pour passer devant
(sinon elles ne peuvent pas passer vu la foule. Une vieille dame s’énerve : c’est la gros engueulade, et les mains sont parfois un peu trop virevoltante. Une bousculade a lieu, des dames
sont prêtes a tomber. Mais ca se fini a peu pres correctement.
-
11h30 : ca y est, on est dedans ! On passe devant l’interrogateur, qui, sans regarder les papiers, commence
a demander qu’est-ce qu’on veut. C’est écrit sur notre lettre mais a quoi bon : « c’est quoi votre séminaire ? », « c’est quoi cette association », et montrant une
des membres de la coopérative : « et la vieille là, qu’est-ce qu’elle veut ? Elle fait quoi comme travail ? ». Je prend mon mal en patience et leur ré explique tout,
en Grec, mais en vain…
-
12h00 : le dénoument (enfin, le premier) : « non mais ca ne nous va pas, celle qui ne sont jamais venues en Grèce, je ne leur donne pas de
visa » (4 d’entre elles, dont l’une se met a pleurer, car elle se faisait une immense joie de venir…la fameuse « vieille »). Je m’empresse de leur ré expliquer différentes
choses, et je finis par abdiquer et leur demander la démarche pour les autres. Réponse : « ben quoi, elles ne sont pas aller a la banque pour payer ? » « non, personne ne
m’a dit qu’il fallait faire ca » « eh ben vous y allez et vous revenez plus tard.
-
12h05 : François, tu te calme, tout va bien se passer. 4 heures d’attente et pour le moment pas de résultat. On respire, et on va a la banque. (entre temps les
4 qui n’auront pas de visa rentrent à la maison, bien triste de leur sort).
-
12h10 : nous voilà a la banque. Le gardien nous dit : « désolé, pour les visa c’est fermé, il faut revenir demain vers 8h00 ». Et ta
sœur !!! (ca je l’ai juste pensé). Heureusement, un monsieur serviable nous dit qu’a Bilishti c’est ouvert.
-
12 :40 : nous voilà a Bilishti. On paye, on prend les reçus, et on repart.
-
13h15 : retour au consulat, et pour prévenir toute situation difficile, je rentre pour prévenir de notre présence : « pas de problème, on va vous
appeler. ».
-
14h00 : il doit faire 35 degres en plein soleil, on attend.
-
15h00 : cela fait un moment que j’essaie de voir quelqu’un du consulat. Ils ont fermé la porte pour ne pas être embêtés. Je décide d’appeler en Grèce, pour
qu’ils appelent une personne qui est a deux mètres de moi mais que je ne peux pas voir.
-
15h10 : la personne a répondu a l’appel, elle sait qu’on attend, elle va nous appeler.
-
15h50 : il y a de moins en moins de monde devant le consulat. L’heure de fermeture approche. Un homme du consulat, celui que j’ai prévenu a plusieurs reprise
de notre présence me dit : «qu’est-ce que vous attendez vous ? ». Je rougit, je bouille, je garde mes nerfs en moi et lui ré explique. Il me dit : « je vais
voir ce que je peux faire pour vous ».
-
16h00 : il revient (c’est suicidaire de sa part !) : « Monsieur, revenez jeudi à 8h00, on fera les démarches… » (en gros celles que l’on
devait faire aujourd’hui a 8h00).
-
Il est 16h30, nous nous en allons sans résultat, après 8h d’attente, sans avoir manger, et pour ma part, j’allais oublier, je me suis mal garé donc PV, et en
revenant de la banque a Bilishti, j’ai oublié de mettre mes phares donc PV. Je ne sais plus quoi dire aux femmes de la coopérative. A la limite, ma seule consolation, c’est qu’elles ont vu que
j’ai subit cette journée a leur coté, et que donc je ne suis pas de ces horribles gens qui traitent les albanais comme du bétail.
Je rentre a la
maison apres 1h30 de route, 20 minutes au bureau histoire de décompresser devant l’ordinateur et de reprendre mes esprits. Et puis je vais passer une soirée très très calme et reposante. Une bonne
nuit, et la motivation repart.